Située au lieudit Minkoameyos au quartier  Nkolbisson à Yaoundé, la parcelle querellée oppose sieur Bitomo, Justin Désiré Ambassa, Jeanne Ngabe, à Madeleine Nke, plaignante.

Il est reproché aux mises en cause les faits de  « trouble de jouissance, complicité de trouble de jouissance et vente illicite de terrain ».

Florentin Ndatewouo

Le terrain de la discorde de Minkoameyos au quartier Nklobisson à Yaoundé/2016

6000 mètres carrés de terre sont au cœur d’un conflit le 13 mai dernier  au Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé Centre-administratif. Ce conflit oppose Madeleine Nke épouse Ndong, aux prévenus sieur Bitomo, Justin Désiré Ambassa, Jeanne Ngabe, et monsieur Ngalle. Il est reproché à ces derniers les faits de « trouble de jouissance, complicité de trouble de jouissance et vente illicite de terrain ». Aux dires de dame Nke, plaignante, monsieur Ngalle a avoué avoir acheté le terrain querellé auprès de Jeanne Ngabe à Minkoameyos, au quartier Nkolbisson à Yaoundé en 2016.

Cette vente aurait été facilitée par sieur Bitomo. Responsable de l’Association de la famille Mvog Tsoung Mballa antenne Nkolbisson, monsieur Bitomo aurait utilisé la signature de madeleine Nke à d’autres fins. Cette dernière dit avoir été approchée par ladite association, à l’effet de retirer la plainte introduite par ses soins, après « une menace de mort proférée à son endroit par Justin Désiré Amabassa », membre de cette association. Explique-t-elle au cours de la Cross Examination. D’après cette dernière, sieur Bitomo se serait donc servi de cette signature pour attester d’une part, de sa présence à une assise familiale organisée par ce dernier, portant sur le partage des terres. D’autre part, pour établir de faux papiers ayant aidés à la vente de terrain. Longtemps exploité par l’Institut pour la recherche agricole et le développement (Irad), le terrain querellé a été rétrocédé à la famille Mvog Biloa par ladite institut en 2015.

Polémique autour de la mise en exploitation du terrain querellé.

Petite fille du défunt Raphaël Tabi Mevengue (héritier des terres querellées appartenant à son père Tabi Zoa), Madeleine Nke revendique la qualité d’administratrice des biens. A cet effet, elle a établi un jugement d’hérédité qui, d’après le conseil de Jeanne Ngabe a fait l’objet d’une tierce opposition de la part de sa cliente. Laquelle se prévaut de sa qualité de nièce du défunt Raphaël Tabi. Par ailleurs, les deux dames disent avoir engagé le processus d’immatriculation du terrain. Lequel est en arrêt.

« il y a des gens qui ont bénéficié des indemnisations de l’Irad alors qu’ils ne disposaient même pas d’un lopin de terre. Les gens n’allaient pas sur les sites pour indemniser. Ils se dirigeaient de maison en maison pour le faire. Les récipiendaires n’avaient qu’à présenter leur Carte nationale d’identité. Il suffisait d’avoir une connaissance à qui on donnait de l’argent. J’en connais dont je peux citer les noms. »

Poursuivant, le conseil de Jeanne Ngabe fait valoir que, Célestine Ngono, mère de sa cliente s’est occupée de l’exploitation du terrain appartenant à son frère ainé, Raphael Tabi. Ceci depuis  son décès  en 1983. Après le décès de Célestine Ngono, sa fille Jeanne Ngabe prendra le relais. Le conseil en veut pour preuve le journal officiel présentant Jeanne Ngabe, comme l’une des bénéficiaires des indemnisations en provenance de l’Irad. Ceci, en raison de l’exploitation des terres par ses soins.

Déclaration à laquelle dame Nke s’oppose. « Seule ma défunte mère s’est occupée de l’exploitation de ces terres. Après sa mort, mes tantes, notamment l’épouse de notre chef de famille, Herman Nama ici présente, en a pris le relais, avec mon appui financier. »

A la question de savoir ce que lui inspire le contenu dudit journal officiel, madame Nga Mfomo, intervenant en qualité de témoin, explique : « il y a des gens qui ont bénéficié des indemnisations de l’Irad alors qu’ils ne disposaient même pas d’un lopin de terre. Les gens n’allaient pas sur les sites pour indemniser. Ils se dirigeaient de maison en maison pour le faire. Les récipiendaires n’avaient qu’à présenter leur Carte nationale d’identité. Il suffisait d’avoir une connaissance à qui on donnait de l’argent. J’en connais dont je peux citer les noms. » Et au procureur de réagir « ne citez pas de nom madame.» Détentrice d’une parcelle de terre à proximité de celle querellée, dame Nga Mfomo dit n’avoir jamais aperçu Jeanne Ngabe encore moins sa défunte mère exploiter les terres comme son conseil le fait valoir.

A la suite des différentes interventions, le procureur note que le terrain querellé n’est pas encore titré. De plus, il a effectivement été vendu. L’audience est renvoyée au 28 mai pour production des preuves.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 Comments

Anonyme

Cet histoire de terrain est devenue une gangrène pour la société camerounaise
Le comble c’est que certaines autorités tels que les chefs de village, le notaires et les administrateurs civils s’y prêtent à ce jeux face à une population bien illustré et désarmé

mai 16, 2020 - 3:01 Répondre

Florentin Ndatewouo

Je crains justement que le problème de terre soit plus virulent à longue. La question foncière devrait être réglée par l’Etat qui en est le dépositaire. L’Etat devrait être en même à l’heure actuelle, de disposer d’une cartographie à l’échelle nationale. Laquelle lui permet de repartir et choisir entre les espaces qui peuvent faire l’objet de vente, de location, et ceux qui ne le peuvent pas, notamment au regard de leur caractère patrimonial au sein des familles. A côté, il y a le domaine public. De toutes les façons, si rien n’est fait, les Camerounais finiront par payer le lourd tribut. .

mai 16, 2020 - 3:01 Répondre

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