Les faits sont commis au mois de mai 2016 par des membres des équipes du secrétariat technique, instance opérationnelle créée pour les recrutements.

Responsable de l’équipe chargée de l’initiation des actes de recrutement,  sieur SouabouBah Abdoulaye interrogé pendant les audiences du 29 et 30 avril de l’année en cours. 

Par Florentin Ndatewouo

Commission d’acte de faux en écritures publiques et authentique/Minfopra/05/2016 (Creative Common)

Le feuilleton sur la gestion des dossiers de recrutement des ex temporaires de l’administration publique au ministère de la Fonction publique se poursuit au Tribunal criminel spécial (Tcs) à Yaoundé. Le 29 avril, l’épisode est consacré à l’audition de sieur Souaἵbou Bah Abdoulaye.

Chargé d’études assistant à la division de la discipline et du contentieux au (Minfopra), monsieur Souabou Bah Abdoulaye est accusé de « complicité d’usages de faux en écriture publiques et authentiques », en sa qualité de chef d’équipe chargé de l’initiation des actes de recrutement au sein du secrétariat technique. Un chef d’accusation pour lequel devra également répondre Moantjouog Mempou Paulin.  Sont également impliqués dans cette affaire : Miching Mindola Russel, Mabe rassa, Bikomo Rita épouse Seini. Il est reproché au premier les faits de « Faux en écritures publiques et authentiques ». Les deux autres sont accusées des faits de « détournement de biens publics et tentatives de détournement de biens publics. »

156 dossiers frauduleux sont détectés au début du mois de mai 2016. Ceci, dans le cadre du recrutement des ex-temporaires de l’administration au minfopra. Au cours  de l’audience pendant la cross examination, Souaἵbou Bah Abdoulaye fait savoir que « dans le cadre de nos travaux, nous avons reçu les dossiers non visés des services du premier ministre qu’ils fallaient corriger avant de renvoyer. Après correction des dossiers, nous avons ouvert le système Sigipes pour les transmettre aux services du premier ministre. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que le poste de travail du secrétariat technique avait enregistré un nombre de dossiers très importants par rapport à celui qui était encore en cours de traitement, qui était au nombre de 128. » Ce dernier dit avoir procédé ensuite à des vérifications des différents postes de travail « (…) je constate que 156 faux dossiers des personnes non éligibles au processus de recrutement avaient bénéficié des actes de recrutement. L’examen de ces faux actes de recrutement montre que le recrutement frauduleux avait été initié depuis le poste de dame Mabé rassa et signé de Seini Rita au poste du ministre. » Il dit avoir interpellé les deux concernées, « qui  sont passées aux aveux, et ont reconnu avoir initié ces actes en marge du processus légal. C’est ainsi que le 12 mai 2016, j’ai écrit une note à l’attention du ministre pour lui rendre compte. »

Interrogé par le représentant de l’Etat sur les mesures prise en sa qualité de chef d’équipe, à l’effet de sécuriser le mot de passe, sieur Souaἵbou indique qu’ « A notre niveau, nous ne pouvons pas contrôler. Nous vérifions que tous les actes crées au niveau du secrétariat technique  étaient ceux du personnel éligible aux actes de recrutement signé du minfopra.» Sur la possibilité pour un chef d’équipe de dévoiler le mot de passe à un membre, sieur Marius Zanga, agissant comme témoin de la partie défenderesse explique : « au début, nous faisons de la production en masse des actes de recrutement. Vers la fin, on n’avait plus besoin de faire les dossiers en gros puisqu’ils venaient en compte goutte. Le travail était donc accessible à n’importe quel cadre métier du Minfopra. Mais, compte tenu de ce que nous travaillons dans le cadre d’une opération, il fallait disposer d’un profil, pour traiter les dossiers même manuellement. Par souci de faciliter le travail, un autre membre pouvait utiliser le profil. » Pour celui qui exerce au moment des faits le poste de responsable du secrétariat technique, « on ne  peut pas parler de responsabilité en ce qui concerne la gestion et la sécurisation du profil. Ceci dans la mesure où le fait de l’attribuer à un collègue pour faciliter le travail était une pratique connue au sein du ministère et donc ne constitue pas une faute. »

L’affaire reprendra le 30 juin pour les réquisitions du ministère public.

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